Nous voici en 2015, date à laquelle nous répondons à l’appel d’offres de la DGE. Les données d’information touristique sont alors dispersées et hétérogènes, avec plus de 40 bases départementales ou régionales qui cohabitent dans l'Hexagone. Stockées sur des Systèmes d’Information Touristiques (SIT) indépendants, ces données sont difficilement exploitables du fait de la diversité des bases de données, du manque d’interopérabilité et de la multiplicité des formats. Le constat est double : les données touristiques institutionnelles peinent à émerger à l’échelle nationale, et les formats proposés par les différents SIT sont quasiment uniques pour chaque territoire.C’est dans ce contexte qu’est initié le projet DATAtourisme, porté par la DGE.La plateforme est officiellement lancée en novembre 2017. Retour sur les grandes étapes de cette collaboration réussie !
DATAtourisme x DGE
DATAtourisme, la première plateforme open data de données touristiques d'envergure nationale

DATAtourisme est l’une de nos plus belles références. Car ce projet initié par la Direction Générale des Entreprises (DGE) était ambitieux, et nécessitait des compétences techniques spécifiques que nous avions déployées en interne, dès les prémisses de Conjecto. La plateforme à concevoir devait à la fois homogénéiser un volume important de données très hétérogènes, tout en répondant à des besoins d'utilisateurs variés — diffuseurs et producteurs de données notamment. Par ailleurs, les exigences techniques étaient fortes, tant du côté des performances, que de l’ergonomie et de la sécurité. Un défi technique que nous avons aimé relever, alors que Conjecto soufflait tout juste sa quatrième bougie, en 2016. DATAtourisme est aussi une collaboration qui s’est inscrite dans la durée, au fil des évolutions techniques de la plateforme, et des échanges avec nos clients — des interlocuteurs dont vous pourrez lire les témoignages ici même.
Un projet aux enjeux multiples : harmoniser, enrichir et rendre accessible les données
Rattachée au ministère de l’économie, des finances et de la relance, la DGE lance un appel d’offres avec un objectif ambitieux : harmoniser les données touristiques pour favoriser la création de services innovants. En 2015, le pays accueille 84,5 millions de visiteurs étrangers et demeure la première destination touristique mondiale. Un chiffre qui en dit long sur le volume de données générées par ce secteur.
Pour répondre à ces enjeux, la DGE envisage le déploiement d’un dispositif national de collecte, de traitement et de diffusion en Open Data. La solution demandée se base sur le web des données — aussi appelé web sémantique —, au format RDF.
À terme, la plateforme a pour vocation de devenir la principale source d’accès aux données touristiques en récoltant l’ensemble des données éparses, pour les mutualiser et les rendre facilement exploitables. DATAtourisme a également pour mission de simplifier la production et la diffusion de données publiques à toutes les échelles géographiques, pour tous ses utilisateurs finaux : offices de tourisme, startups, hôtels, restaurants, musées, etc.Est-il possible de prévoir ici un visuel qui représente les différentes sources de données ?
La technologie : le web sémantique, une compétence spécifique
Une des particularités de l’appel d'offres ? La solution à développer s’appuie sur le format RDF. Ce langage, alors maîtrisé par peu d’acteurs, est à l’origine de la création de Conjecto. En effet, le web sémantique nous passionnait déjà au début des années 2010 — une technologie que nous avons voulu expérimenter et approfondir lors des premières années de Conjecto. L’appel d’offres de la DGE et le projet DATAtourisme tombait à point nommé : nous étions prêts ! Pour illustrer notre compréhension du sujet et notre capacité à le mener à bien, nous rédigeons notre réponse en incluant un PoC.
Jérôme Pichonnier, directeur de projets “structuration des filières touristiques” au sein de la DGE, revient sur les raisons qui ont motivé la sélection de Conjecto : “ Ce qui a véritablement fait la différence, c’est leur capacité à formuler une proposition adaptée au contexte et pour laquelle ils disposaient clairement des compétences techniques nécessaires.”
Un autre point fort ? La taille humaine de notre entreprise, comme l’explique Pascale Vinot, Responsable de projets transversaux pour ADN Tourisme : “ Peu de candidats étaient en mesure de répondre à ce marché spécifique, où nous avions besoin d’une proposition cousue main. Les équipes de Conjecto ont fait preuve de pragmatisme dans leur réponse. Ils ont su exprimer clairement leur compréhension de notre besoin et le traduire en une proposition technique mais compréhensible.”


Un véritable projet de Recherche & Développement
Soulevons le voile et jetons un œil au moteur de DATAtourisme : les données collectées, au format RDF, utilisent des ontologies, qui permettent au schéma de données d’être trié en sous-classes, telles que les musées ou les événements culturels. Avec cette méthode de modélisation, chaque point touristique a toujours une propriété : nom, latitude, longitude, etc.
L’une des forces de cette approche ? Être entièrement ontology driven. En d’autres termes, la plateforme s’adapte de manière autonome. Un indéniable atout lorsque les jeux de données évoluent, avec la modification ou l’apparition de nouvelles informations non anticipées — comme les jauges des lieux accueillant du public, en contexte de crise sanitaire.
Pour appliquer cette approche aux milliards de données attendues, c’est un véritable projet de recherche qui est mené. Les outils disponibles étant peu adaptés, voire inexistants, un long travail de R&D est entamé. De nouvelles briques de sérialisation sont alors conçues, capables de vérifier un objet dans une base de données et de le récupérer dans une API, (qui permet à différentes applications de communiquer ensemble).
Ces nouvelles composantes sont ensuite ajoutées aux briques existantes, et associées entre elles de manière inédite. Ces éléments mis bout à bout donnent naissance à un outil performant et opérationnel. La plateforme, qui s’intègre dans le Programme investissement d’avenir (PIA) est à ce jour l’unique projet de recherche à avoir été mis en production et disponible en ligne, pour les producteurs et les diffuseurs de données.
Pascale Vinot complète : ”Au fur et à mesure de la conception, nous avons avancé sur nos besoins. Conjecto a su identifier les incidences de ces ajouts et proposer des solutions adaptées à l’Open Data, pour développer l’outil dans les règles de l’art. Ce questionnement sur nos attentes a permis de ne pas perdre l’essence même du projet de départ.”

D’un projet de recherche à un service numérique innovant
Largement utilisé en France et au-delà. Jérôme Pichonnier dresse un bilan positif de ce partenariat, qui s'inscrit dans la durée : “Sur l’ensemble du projet, nous avons collaboré avec des personnes disponibles, réactives et engagées, qui sont restées les mêmes depuis le début. Elles se sont attachées à mettre l’outil en œuvre tel que nous l’avions imaginé et ont su proposer des alternatives. Leur bonne connaissance de notre écosystème les a amenés à concevoir une solution adaptée à nos besoins. ”Pascale Vinot conclut :
“ DATAtourisme est un projet unique, car il est mené de manière collective et collaborative. Les équipes de Conjecto se sont adaptées à l’ensemble des interlocuteurs autour de la table. Au-delà de l’outil développé, nos interlocuteurs sont devenus des acteurs du projet, au cœur des réflexions sur les évolutions à apporter. Au quotidien, ils nous aident à monter en compétence sur ces sujets techniques.”
Aujourd’hui, DATAtourisme centralise et regroupe les jeux de données locaux et nationaux en un schéma homogène. Depuis son lancement en 2017, l’agilité de nos équipes a permis d’enrichir la plateforme pour répondre au mieux aux besoins de chacun. En plus de faciliter l’innovation par l’accès à des informations fiables, c’est l’écosystème du tourisme tout entier qui a été renforcé. Un projet de longue haleine, qui nous a animés de nombreuses années et continue de nous animer encore !






